Pour répondre aux objectifs du Parc Naturel, notamment dans le cadre de la protection de l’environnement, des sols et de l’eau, mais également au niveau du développement régional durable, les tâches essentielles dans le domaine de l’agriculture sont:
- Des conseils agricoles en conformité avec la protection de l’eau potable et de la nature (p.ex. le plan de fertilisation, les conseils de base, l’érosion, l’emploi de pesticides).
- Le développement de nouveaux produits et possibilités de revenus dans le domaine agricole (p.ex. diversification des produits agricoles, également du marketing et de la vente).
- La promotion d’une image positive de l’agriculture dans la région du Parc Naturel.
Depuis août 2000, Monsieur Frank Elsen travaille à plein temps comme conseiller agricole; il est à la disposition de toutes les exploitations agricoles des communes du Parc Naturel. Chaque agriculteur peut lui soumettre ses problèmes d’ordre général ou spécifiques. Le conseiller agricole s’occupe également des produits labellisés «vum Séi».
Les consultations portent essentiellement sur:
- la loi agraire en vigueur (préservation des paysages, directive sur le nitrate, etc.),
- le plan de fertilisation,
- les analyses Nmin du maïs,
- la production végétale (fertilisation, protection des végétaux)
- la sensibilisation en faveur de méthodes de production écologiques (programmes environnementaux se rapportant à l’agriculture et à la biodiversité)
- les conseils en matière de protection de l’eau.
La loi agraire
La loi agraire – qui est valable jusqu’en 2013 - comporte maints changements. Le programme de développement rural poursuit des objectifs similaires à ceux des lois agraires précédentes.
L’accent est mis sur quatre points :
- l’amélioration de la compétitivité de l’agriculture et de la sylviculture : 128 millions d’euros (35% des dépenses)
- l’amélioration de l’environnement naturel et de l’espace rural : 212 millions d’euros (58%)
- l’amélioration de la qualité de vie dans l’espace rural et la diversification de l’économie rurale : 15 millions d’euros (4%)
- la mise en œuvre des initiatives LEADER concernant les stratégies de développement local : 13,5 millions d’euros (3%).
La nouvelle loi fixe également la base des règlements en faveur d’une production agricole écologique. Cela concerne notamment la prime compensatoire, la prime à l’entretien du paysage, les programmes d’extensification de l’ancien « 2078 », la promotion de l’agriculture biologique tout comme les mesures de protection de la biodiversité. Les conditions des mesures environnementales agricoles ainsi que les montants des différentes primes ont changé. Un exemple: selon l’emplacement des surfaces, les exploitations (dans le bassin versant du lac de barrage, dans une réserve naturelle ou une zone menacée d’érosion) peuvent solliciter des primes liées à l’extensification des herbages, à l’épandage réduit d’engrais azoté, au renoncement aux pesticides.
Il faut souligner que le soutien financier apporté au semis à travail réduit du sol vaut désormais également pour les cultures d’hiver. Les programmes concernant le renoncement aux pesticides et les cultures dérobées sont applicables au niveau national, mais les conditions ont changé. Il faut également tenir compte du fait que certaines primes (prime pour la préservation des sites, prime compensatoire) sont liées au respect d’une bonne pratique agricole.
Ensuite il y a le règlement sur la biodiversité. Les agriculteurs qui possèdent des surfaces à protéger pour assurer la préservation d’espèces animales ou de communautés végétales menacées, pourront demander à la Maison du Parc s’ils sont susceptibles d’être subventionnés. Cela ne concerne non seulement les surfaces agricoles, mais également les surfaces forestières et les plans d’eau. Ce sont surtout des parcelles qui ont fait et qui feront l’objet d’une utilisation peu intensive qui entrent en ligne de compte. Le but, c’est d’assurer – contre rémunération - un mode d’exploitation écologique de ces terres. Mais chaque parcelle ne pourra être subventionnée que par un seul programme de la loi (p.ex. le programme environnemental pour l’agriculture ou sur la biodiversité).
Le plan de fertilisation
Depuis l’automne 2000, des plans de fertilisation annuels sont réalisés sur demande. Cela permet de répandre la fumure produite à la ferme de façon optimale sur toutes les parcelles (dans la mesure du possible). L’utilisation des engrais chimiques fort coûteux devrait donc être limitée à quelques rares parcelles d’accès difficile. D’après la loi, chaque exploitation doit faire prélever tous les cinq ans des échantillons de sol sur toutes ses terres, mais depuis la création du service de consultation agricole, ces prélèvements se font tous les trois ans sur le territoire du Parc Naturel. Une analyse de l’engrais produit à la ferme (lisier ou fumier) doit également être faite tous les trois ans.
Les conseils en matière d’engrais tiennent compte des consignes légales dans le cadre de la prime à l’entretien du paysage, des programmes environnementaux pour l’agriculture et d’autres données (p.ex. la directive sur la biodiversité). Une proposition de chaulage est faite en supplément à la recommandation (gratuite) sur la fumure. Les buts, ce sont l’alimentation optimale des plantes et la protection de l’eau potable grâce à un épandage d’engrais approprié, qui permettra par ailleurs de faire également des économies. Tous les documents établis sont reconnus par l’État pour la prime concernant la prime à l’entretien du paysage et dans le cadre d’autres réglementations.
Analyses Nmin du maïs
Comme les années passées, un échantillon Nmin est prélevé gratuitement dès que les plantes ont 3 à 4 feuilles, afin de déterminer les quantités d’azote qui devront encore être épandues. Il s’est avéré que le seul épandage de grandes quantités de nitrate d’ammoniaque calcaire est peu sensé du point de vue du rendement. Il importe par contre de commencer par un épandage approprié de fumure de la ferme et de faire suivre un épandage de nitrate d’ammoniaque calcaire. Si vous voulez participer à cette action, il suffit d’appeler la Maison du Parc. L’agriculteur n’aura pas de travail supplémentaire: un spécialiste procède au prélèvement correct des échantillons et les remet au laboratoire de l’État à Ettelbruck. Le conseiller agricole communique les résultats dès que possible aux agriculteurs. Après la récolte, de nouveaux prélèvements d’échantillons seront effectués pour déterminer la méthode de fertilisation comportant les valeurs les moins élevées. Ce procédé est d’autant plus important que différents programmes environnementaux pour l’agriculture prévoient la suppression des primes dès que certaines valeurs-seuils sont atteintes!
Lutte contre les mauvaises herbes
Les produits phytosanitaires, c’est-à-dire les pesticides, ont des durées de vie et des répercussions sur l’environnement qui diffèrent, et leur temps de dégradation varie également. L’eau emporte un pourcentage élevé des produits utilisés, qui finissent par pénétrer dans le sol (notamment lors de l’emploi en période de pré-levée sur du sol non couvert): de cette façon, les produits phytosanitaires peuvent atteindre la nappe phréatique et les cours d’eau, et par conséquent le lac de barrage.
C’est également pour des raisons de coût (on peut compter de 40 à 75 € par traitement) qu’il convient de combattre les mauvaises herbes d’après le principe du seuil nuisible. On commencera donc par déterminer les variétés et les quantités de mauvaises herbes se trouvant dans un champ, avant de procéder à un traitement par produits phytosanitaires. La plupart des mauvaises herbes sont d’ailleurs beaucoup plus sensibles dans différents stades de développement (p.ex. au stade du cotylédon). De cette façon, la dose du produit pourra être réduite (des fois de moitié !).
Sur demande, un rendez-vous pour des conseils sur place pourra être fixé à tout moment.
Conseils pour la protection des eaux
Le lac de barrage de la Haute-Sûre est le plus grand réservoir d’eau potable du Luxembourg: le syndicat des eaux SEBES assure l’approvisionnement complet ou partiel de 70 % des ménages luxembourgeois. C’est pour cette raison qu’il faut prêter une attention toute particulière à l’agriculture dans le bassin versant de la Haute-Sûre. Le plan de gestion de l’Administration de la Gestion des Eaux, applicable aux eaux de surface, a été fixé. Les actuelles zones de protection des eaux seront annulées en 2015, et à ce moment-là, l’approvisionneur en eau devra avoir soumis une nouvelle proposition pour de nouvelles zones avec les mesures correspondantes. Le service « Conseils agricoles » sensibilise les agriculteurs depuis 20 ans, et grâce à lui les agriculteurs ont pris conscience de l’importance de la protection des eaux. L’objectif de la consultation agricole et des projets du parc naturel, c’est de rapprocher l’agriculture et la protection des eaux, et de concilier la pratique agricole avec la protection des eaux. Les conseils ci-devant mentionnés (plan de fertilisation, analyses Nmin et sensibilisation en faveur des mesures d’extensification) représentent les premiers pas dans cette direction. Ces sujets seront encore élargis dans le futur.
Pour des informations supplémentaires, veuillez contacter :
Frank Elsen
Tél. (+352) 89 93 31-218
E-mail: frank.elsen@naturpark-sure.lu

